La Russie et l’Occident : la lutte à mort en Europe

Russie-USAFaut-il s’attendre à une nouvelle guerre mondiale ? A force de regarder le spectacle désolant des relations internationales contemporaines, de telles idées viennent spontanément à l’esprit. Mais sont-elles justifiées ? L’expert senior du Centre des recherches militaro-politiques Mikhaïl Alexandrov répond aux questions d’Inna Novikova, rédactrice-en-chef de Pravda.ru.

Mikhaïl Alexandrov. Pourquoi la Syrie est-elle tellement importante ? Cela semble être un point où les grandes contradictions planétaires s’interfèrent. Pour comprendre pourquoi aujourd’hui le conflit nucléaire est possible entre la Russie et les Etats-Unis, il faut saisir l’essence même de ce qui se passe en Syrie actuellement. A s’en tenir à la logique d’un conflit local, il devient insensé d’anticiper une montée aux extrêmes à cause d’une ville comme Alep. Mais en fait, il n’en est rien, car il s’agit d’un abcès qui traduit le conflit global sous-jacent entre les deux civilisations régissant le monde – orientale et occidentale. Ce conflit ne date pas d’hier : il dure depuis plusieurs siècles.

Voici venir maintenant le moment crucial où l’Occident s’est senti en perte des forces et de vitesse un peu partout à travers le monde. La multipolarité progresse, d’autres civilisation se renforcent : islamique, chinoise, hindoue. Et avant toute autre chose, ces tendances se révèlent dans l’économie. Alors pour soutenir ses positions économiques et politiques, l’Occident ne peut faire recours qu’à un seul outil – la force brute.

Qui alors peut contrer l’Occident sur le plan militaire?Jusqu’aujourd’hui rien qu’un seul pays en est capable – la Russie. Qui plus est, la civilisation russe est la seule à proposer activement un agenda différent c’est-à-dire une alternative dans les relations internationales. Ainsi, c’est l’avenir même de la civilisation occidentale qui est en jeu. S’ils n’arrivent pas à obtenir la suprématie militaro-politique globale, alors ils sont condamnés à perdre la bataille économique ce qui entraînera évidemment la nécessité de renoncer aux privilèges et préférences qu’ils s’étaient octroyées. Le niveau de vie dans l’Occident va baisser considérablement et ils ne seront plus en mesure d’influencer la prise des décisions au niveau mondial. Se posera alors la question sur leur vrai rang et le vrai rôle qu’ils sont appelés à jouer dans le monde contemporain.

La Russie ne peut absolument se faire à l’idée de l’aspiration de l’Occident à dominer le monde. En principe, cette aspiration contredit les intérêts de tout un chacun : ni en Afrique, ni en Amérique Latine, ni ailleurs personne ne semble le vouloir. Mais la plupart a peur de s’insurger parce qu’ils comprennent qu’ils seraient écrasés. L’Occident fait étalage tout le temps des exécutions exemplaires : la mise à mort de Milosevic, ou de Saddam Hussein, ou encore celle de Moammar Kadhafi.

Pourquoi la Russie est-elle intervenue alors aujourd’hui en Syrie ? Je crois qu’il s’agit d’un acte de vengeance de la part de Poutine à Obama pour ses exactions en Ukraine. Si les affaires allaient bon train en Ukraine, nous aurions pu ne pas intercéder en faveur de la Syrie. Mais Obama nous a lancé un défi : il a pénétré l’espace post-soviétique, a ourdi un coup d’État et a mis au pouvoir un régime franchement russophobe. Autrement dit, il a créé une situation qui menace ouvertement notre sécurité nationale. L’Ukraine n’est pas la Géorgie – c’est un territoire énorme où nous avons des intérêts substantiels. Alors notre direction a compris : si aujourd’hui nous nous laissons faire, si nous ne réagissons d’aucune manière, alors demain ils se mettront à démanteler la Russie, à son tour. Une réponse s’en est suivie : en Crimée, dans le Donbass et ensuite notre intervention en Syrie. Alors maintenant nous l’emportons en Syrie ce qui signifie qu’il existe une réelle possibilité d’arrêter nos «partenaires».

– Arrêter qui : DAESH ou les Américains ?

Mikhaïl Alexandrov. Quel est le vrai but de la soi-disant opposition pro-américaine en Syrie ? Ils doivent renverser le régime d’Assad et créer un régime sunnite pro-occidental qui serait supervisé par les alliés des Etats-Unis, tels que l’Arabie Saoudite et le Qatar. C’est ces pays justement qui sponsorisent l’opposition sunnite en Syrie. Après quoi, le pays se transformera, à proprement parler, en allié de l’Occident et en un vivier du terrorisme international. Il est à comprendre que DAESH et al-Nusra (organisations interdites en Russie), c’est des organismes créés par l’Occident, la CIA dans le but de déstabiliser les régimes. Avant autre chose, le régime chiite, en Irak, quand il s’est mis à progresser en direction de l’alliance avec l’Iran.

A leur tour, les Américains ont commis une erreur en résolvant, de façon irresponsable, le problème du changement du pouvoir en Irak post-husseinien et, de fait, y ayant mis aux commandes, la majorité chiite unipolaire. Alors ce pouvoir a entamé, naturellement, le rapprochement avec l’Iran qui est un pays chiite. En Syrie, les mêmes chiites et les alaouites sont, eux aussi, au pouvoir. S’y est instauré alors «un axe chiite», extrêmement dangereux pour l’Occident. Il l’est parce que l’ensemble est présidé par l’Iran, un Etat souverain et indépendant qui milite pour un système polycentrique dans les rapports internationaux. L’Occident rêve d’«écraser» encore l’Iran.

En Irak, Les Etats-Unis ont créé DAESH pour enlever au gouvernement local chiite la possibilité de contrôler tout le pays et aussi pour faire pression sur ce gouvernement. C’est un peu comme s’ils disaient : «Si vous n’allez pas coopérer avec nous, nous nous en irons, mais alors DAESH se mettra à notre place et vous égorgera tous. Comme résultat, DAESH «s’est incrusté» en plusieurs villes, y a fait provision d’armes et ensuite s’est mis à faire la guerre en Syrie.

Il faut comprendre que DAESH, ou encore al-Nusra, ne sont que des instruments de la politique internationale de l’Occident. Alors quand certains de nos dirigeants proclament une sorte d’alliance avec l’Occident pour lutter contre le terrorisme, c’est une carabistouille. En fait, il s’agit d’un enjolivement diplomatique rendu public par notre direction, mais d’aucuns ont feint de le prendre au sérieux. A vrai dire, existe-t-il un moyen de collaborer avec ceux qui ont mis toutes leurs ressources médiatiques, diplomatiques et politiques au service des organisations terroristes, qui nous imposent un cessez-le-feu pour ravitailler al-Nusra en munitions et denrées alimentaires ? Il nous incombe tout bonnement d’achever l’opposition pro-occidentale à Alep et mettre fin à tout ce babil.

– Vous avez dit que la Syrie est notre vengeance pour l’Ukraine. Comment peut-on avoir ce genre de raisonnement ? Est-ce judicieux ?

Mikhaïl Alexandrov. J’entendais, bien sûr, une «vengeance politique». Cela veut dire qu’il s’agissait de renvoyer l’ascenseur et point que notre président s’en est courroucé à titre personnel et a envoyé notre armée en Syrie. Non, ce n’est absolument pas une offense personnelle. Il s’agit d’une réponse stratégique sur l’échiquier dont le but est de châtier l’Occident et endiguer ses ambitions en lui montrant qu’il ne devait plus agir de la sorte, qu’il devait tenir compte de nos intérêts respectifs sinon il lui en cuirait à la puissance 100 et pas qu’en Syrie, mais dans bien d’autres régions du monde aussi.

– Je reviens vers l’une de vos déclarations que vous aviez faites dans une interview : «La Russie doit être prête à mener une guerre nucléaire et y vaincre». Est-il vraiment possible de remporter la victoire dans un conflit nucléaire lorsque, selon vous, tout l’Occident se dresserait contre nous ?

Mikhaïl Alexandrov. Je vous explicite mon idée… Les Etats-Unis sont loin de nous et il leur est difficile de transférer une grande quantité de troupes ici. Quand bien même ils le réussiraient, que pourraient faire quelques 5.000 – 6.000 soldats débarqués en Sibérie? Ils y crèveront dans deux semaines. En Europe, ceux qui veulent nous faire la guerre ne sont pas tellement nombreux. Mais quoi, vous croyez vraiment que la Bulgarie en rêve ? Il se peut bien que leur Boïko Borissov (premier-ministre) le veut pour de bon, mais les autres Bulgares – j’en doute fort. Voter c’est une chose, mais guerroyer c’en est une autre. Les Tchèques, les Hongrois, les Slovaques – personne ne partira en guerre. Peut-être bien les Allemands, les Polonais et les Roumains aussi bien que certains pays du Benelux. A bien y regarder, il n’y a qu’une partie peu signifiante du monde occidental qui peut nous faire la guerre.

Alors il nous est parfaitement possible d’instaurer une parité quant à la quantité de troupes engagées au combat même s’ils réussissent à faire venir encore des troupes d’ailleurs. Mais c’est là que le facteur des armes nucléaires tactiques entre en jeu. Nous avons une supériorité dans ce domaine par rapport à l’Occident et nous pouvons détruire immédiatement toutes leurs grandes bases militaires, grands centres de production militaro-industrielle, centrales, ponts… Comme résultat, toute leur infrastructure militaire sera désorganisée. Alors comment pourraient-ils nous faire la guerre ? Vous croyez qu’ils viendraient chez nous comme ça, à pied, en hiver ?

– Mais ils ont bien un système de défense anti-aérienne ! Ils ont un tas d’armes sophistiquées !

M. Alexandrov. Sornettes !

– Et que faites-vous du concept de la frappe instantanée globale ?

M. Alexandrov. Mais quelle frappe globale ?!! Mais Bon Dieu, c’est d’une sottise ! Tout ça a été monté de toutes pièces par les experts militaires cherchant à semer la pagaille dans la société ! Parce qu’en fait, si on analyse bien les choses, les Américains n’ont pas d’armes pour un tel coup global-éclair. Leurs missiles de croisière de type conventionnel – «Tomahawks» – n’ont qu’une portée limitée de 1.500 km. D’où vont-ils les lancer si vous prenez le soin de regarder une carte ? Bon ! Ils peuvent encore atteindre les frontières de notre Etat. Mais, en vertu du Traité sur les missiles de courte et moyenne portée, ils n’ont pas le droit de les mettre en Ukraine aussi bien qu’en Pologne. Ils peuvent, bien sûr, les disposer dans les bassins de la mer Baltique et de la mer Noire, mais là-bas tout est dans le collimateur de nos systèmes de défense maritime. Une frappe instantanée globale est du domaine des contes de fées. On ne peut le monter au niveau actuel des technologies dont disposent les Etats-Unis.

Les théoriciens militaires discutent, bien sûr, de la forme que peut épouser un conflit militaire entre nous et l’Occident. C’est bien parce que l’administration d’Obama se comporte de façon imprévisible. Mais les militaires, quant à eux, raisonnent en termes concrets : ils ne gravitent pas dans les sphères stratégiques. A titre d’exemple, d’aucuns proposent de créer aujourd’hui une zone interdite de survol au-dessus de la Syrie. Ainsi l’Occident pourrait abattre nos avions-intrus et nous promettons de faire de même. Dans l’Occident, ils peuvent considérer qu’ils auraient là-bas plus de bases sur le terrain et qu’ils pourraient abattre tous nos avions. Mais nous n’allons pas nous laisser faire, c’est clair ! Nous les attaquerions alors dans les pays Baltes où nous avons une priorité stratégique. Un couple de nos divisions en viendra à bout en une seule journée en neutralisant leur seule brigade.

– Mais notre concept ne prévoit pas de frappe nucléaire préventive – juste une frappe en représailles. Quant aux Américains, leur Livre Blanc comporte bien le concept d’une frappe nucléaire préventive…

M. Alexandrov. Je vais vous mettre un peu les points sur les i… C’est vrai que nous avions dorénavant un concept de frappe en représailles, mais cela fut du temps du feu Brejnev quand nous avions une suprématie militaire par rapport à l’Occident en Europe. Nous n’avions alors aucun besoin de porter un tel coup les premiers. Aujourd’hui la situation a changé du tout au tout parce que l’OTAN possède maintenant un potentiel prédominant en Europe. Alors s’ils lancent une offensive, alors notre concept préconise bel et bien le premier tir des armes nucléaires tactiques. C’est écrit en lettres d’or dans notre Livre Blanc sur la Défense.

Pour ce qui est de l’Occident, c’est bien ses stratèges qui ne voudraient pas d’utilisation d’armes nucléaires tactiques, c’est pourquoi ils nous appellent à y renoncer. Pour la même raison Obama s’est mis à pérorer à la Brejnev de type «nous nous engageons à ne pas utiliser les armes nucléaires en premiers»…

– Je ne sais pour Obama, mais pour ce qui est de vous, vous raisonnez bien comme Ronald Reagan…

M. Alexandrov. Affirmatif ! C’était bien les propos de l’OTAN de naguère. Du temps de «la guerre froide», l’OTAN avait le concept d’une réponse souple. Cette doctrine prévoyait qu’au cas où nos troupes s’avanceraient en Europe Occidentale, les Occidentaux pourraient alors avoir recours aux armes nucléaires tactiques. Alors, de fait, nous n’avons fait qu’adapter leur concept à nos conditions locales. La roue a tourné et nous nous retrouvons dans leur situation, comme dans un miroir. C’est pourquoi ils n’ont aucune chance en cas d’une guerre en Europe.

– Mais certains généraux américains persistent à affirmer que la guerre avec la Russie sera rapide, mortifère et est presqu’inévitable.

M. Alexandrov. Je demande à voir comment ils veulent réaliser tout ça ! Quelles sont leurs ressources ? Où leurs coups seraient-ils dirigés ? Qu’ils nous expliquent comment ils veulent nous vaincre en deux semaines ! Hitler a, lui aussi, escompté faire éclater l’Union Soviétique en deux mois. Mais il avait au moins quelques arguments rationnels. Il espérait que les habitants de l’URSS abhorraient à un tel point le régime bolcheviste qu’au premier coup porté, il s ‘écroulerait tout seul. Aujourd’hui c’est l’inverse : toute la nation a fait union autour du président. Vous n’avez qu’à passer en revue son taux de popularité à travers le pays. Ca joue surtout quand le président annonce une initiative politique et qu’il agit avec fermeté comme ça a été le cas en Crimée et en Syrie. Si, à titre d’exemple, il décide de renverser le régime de Kiev, pour ses menées contre le Donbass, j’estime qu’il n’en deviendrait qu’encore plus populaire.

– Des propos assourdissants sur la soi-disant occupation du Donbass et de la Crimée par la Russie, sur les gens qui y sont opprimés sont exprimés par la bouche des organismes internationaux du plus haut niveau. S’agit-il là-aussi d’un phénomène de «fissure tectonique civilisationnelle» ?

M. Alexandrov. Cela ne témoigne que du fait que nous avions eu tort d’adhérer à ces organismes. A titre personnel, ça fait belle lurette que je me suis prononcé pour le départ de la Russie de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) aussi bien que du Conseil de l’Europe à proprement parler.

C’est de vrais organismes russophobes. Notre présence à leur sein relève d’une sottise monumentale. Aujourd’hui nous sommes à couteaux tirés avec l’Occident, mais, en principe, ça ne date pas d’hier. Les réminiscences des idées pro-occidentales bourrées dans les crânes de nos compatriotes par Gorbatchev et Eltsine nous empêchent d’avancer. En fin de compte, déjà en 1812, les Français écrivaient que les Russes mangeaient les enfants. Qu’ils continuent ! Nous nous en soucions comme d’une guigne !

– Autrement dit, vous préféreriez que l’on se replie sur nous-mêmes ?

M. Alexandrov. Pourquoi se replier ? Il faut juste s’émanciper de l’Occident. Par exemple, l’Inde n’est pas un membre de l’APCE ; et l’Iran non plus ! A mon sens, l’Europe n’est qu’une notion géographique. Nikolaï Danilevski a poussé le bouchon en affirmant qu’il ne s’agissait point d’un concept civilisationnel. Il existe la civilisation occidentale, soit ! Et il existe la civilisation orthodoxe ! Nous sommes une civilisation orthodoxe et nous sommes différents, en maints points, par rapport à la civilisation occidentale. Cela fut la conclusion de tous nos grands philosophes.

Et ce n’est pas qu’un conflit entre l’orthodoxie et le catholicisme comme deux branches du monde chrétien. Il y va du conflit entre la civilisation orthodoxe dont le centre est incarné par la nation russe et la civilisation occidentale – polycentrique, mais unie par les valeurs en commun. Ce conflit civilisationnel est inéluctable. Il fut de tous temps et il va se prolonger dans l’avenir. Mais quelle forme épousera-t-il ? C’est là le problème !

Je ne comprends pas quel serait le résultat escompté si nous participons au fonctionnement de maints organismes européens… Comptons-nous gagner la civilisation occidentale ? Mais pour ce faire, il faudrait que nous renoncions à notre propre essence civilisationnelle, nous devrions les mimer, nous devrions reconnaître les mariages homosexuels, le féminisme et tout le reste qui fait partie de leurs «valeurs occidentales». Et pourquoi faire ? Nous avons notre propre civilisation et nous devons en développer les principes. A ne prendre que les Iraniens qui sont sensiblement en retard par rapport à nous, qu’il s’agisse du domaine économique ou technico-scientifique, ou encore les Chinois, ces peuples ne veulent pas adapter leurs civilisations au creusent occidental. Alors pourquoi le ferions-nous ? Sommes-nous les cancres réussis pour copier sur les autres ? En revanche, ce qui est bien, c’est des échanges culturels, des recherches scientifiques en commun, mais pourquoi devons-nous coopérer avec les organismes où on nous passe régulièrement à tabac, ou bien, même si ce n’est pas toujours le cas, où l’on nous fait la morale ?!

http://www.pravdafrance.com/news/defense/02-11-2016/1303788-DEFENSE-0/

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15 Commentaires

  1. Bonne analyse même si je suis sceptique sur une tel analyse. Mais on sent vraiment qu’il a une vision globale de la politique internationale

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  2. Une interview fort intéressante mais je reste intimement persuadée qu’il n’y aura pas de guerre mondiale. En tous les cas pas pour l’instant.

    Par contre, ce qui me chagrine est l’amalgame fait très régulièrement par les commentateurs russes avec le mot occident. Je me permets de rappeler que toutes les saloperies qui ont été faites, notamment au Moyen Orient, l’ont été par des DIRIGEANTS occidentaux. Jamais les peuples européens n’ont voulu ces guerres, ni les sanctions contre la Russie. Ils y ont été forcés par le rattachement de nos pays à l’OTAN (personne ne nous a demandé notre avis) mais aussi à la machine de mort qu’est l’Union Européenne.

    Non, Monsieur Alexandrov, le mariage homosexuel, le féminisme, le multiculturalisme, le métissage obligatoire et autres chienlits ne sont pas les valeurs de la majorité des peuples européens. Cela nous est imposé par nos dirigeants et si nous nous dressons contre cette dictature de la pensée, c’est le tribunal ou la case prison. Alors comment faire quand nos maigres revenus arrivent à peine à nous faire vivre décemment ?

    C’est comme si je disais que le peuple russe était responsable des purges staliniennes qui ont fait des millions de morts ce qui serait une hérésie et totalement injuste. Il serait bon à l’avenir que les observateurs russes qui dissertent sur le sujet fassent bien la différence. Je nie en rien leurs critiques car elles sont justes et vraies mais les peuples européens, dont la France, ne sont pas des assassins contrairement à leurs dirigeants. J’aimerais bien que cela soit compris mais aussi précisé car c’est important.

    Moi-même quand je fais des commentaires critiques envers tel ou tel pays, je différencie bien les choses en incriminant le gouvernement mais pas le peuple qui est toujours le dindon de la farce car on le garde trop souvent dans l’ignorance et il subit à chaque fois les très mauvaises décisions de ses dirigeants. Car tant que ces hommes politiques ne sont pas au pouvoir, comment savoir lors des élections s’ils vont bien respecter ensuite leurs promesses ? Tout le monde sait aujourd’hui que nos soit disant démocraties occidentales ne sont qu’un leurre et fonctionnent malheureusement comme de véritables dictatures au profit d’une caste dominante.

    N’oublions pas qu’en ce qui concerne la France, la population avait dit non lors du référendum de
    la constitution européenne mais que cela nous a été ensuite imposé par le Traité de Lisbonne. Le seul vrai tort que nous avons, je le concède, est de ne pas nous révolter davantage. Le malheur est que nos gouvernements successifs et corrompus se sont ingéniés à nous diviser pour mieux régner et à essayer de détruire coûte que coûte nos valeurs pour mieux nous isoler. L’introduction massive d’une immigration de populations extra-européennes depuis des décennies a également fini de détruire l’unité de la nation mais aussi son identité. De Valéry Giscard d’Estaing à Hollande, on peut dire que tous se sont attelés à faire que le peuple français devienne un peuple d’abrutis. Là réside notre grande faiblesse qui est d’avoir laissé faire mais aussi d’avoir cru à tort que l’Oncle Sam était notre ami et notre allié. Nous le payons aujourd’hui très cher vu l’état de nos finances, de notre économie mais aussi de notre tissu social. En France, c’est une véritable catastrophe avec un gouvernement qui ne cesse de mettre de l’huile sur le feu et travaille à la chute de notre pays, respectant à la lettre l’agenda étasunien. Nos deux derniers présidents en sont un exemple flagrant.

    D’ailleurs, j’en profite pour faire remarquer que Vladimir Poutine est beaucoup plus sage dans ses propos que Monsieur Alexandrov. Au lieu de nous montrer du doigt et de nous maintenir la tête sous l’eau, il garde la main tendue. C’est une attitude digne d’un grand chef d’état et c’est bien plus fédérateur. Comme l’a d’ailleurs fait en son temps un certain Général de Gaulle qui a su se démarquer des volontés américaines et se rapprocher de la Russie.

    Vladimir Poutine a été le principal moteur de cette prise de conscience salutaire en exposant patiemment la vérité quant aux agissements des gouvernements occidentaux. Il a réussi à impulser pour beaucoup un nouvel espoir et la perspective d’un monde meilleur. Sans lui, Dieu seul sait où nous en serions aujourd’hui….

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    • « Cela nous est imposé par nos dirigeants »

      Dirigeants *élus* et régulièrement *ré-élus* par la majorité des électeurs, dans des élections qui, quoiqu’on dise, ne sont globalement pas truquées même si des irrégularités – mineures – ont lieu. Donc comparer avec l’URSS où il n’y avait pas d’élection, hum…

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      • C’est vrai vous avez raison et ce n’est pas pour rien que j’ai ajouté dans mon texte que je ne nie en rien les critiques qui sont toutes fondées et que les français sont devenus un peuple d’abrutis. Je ne le sais que trop bien et tous les jours j’enrage de les voir se comporter de la sorte.

        Je sais que c’est de notre faute et que nous avons agi comme des enfants gâtés. Mais croyez vous que l’on arrivera enfin à s’entendre en se jetant sans cesse au visage les griefs de chacun ? Il y a un temps pour tout mais aussi pour le pardon. J’ai bien conscience que le peuple russe a souffert mais la haine et la colère sont de bien mauvaises conseillères et ne font que le jeu de ceux qui s’évertuent à nous diviser.
        C’est d’ailleurs sur ce ressentiment que surfe l’oligarchie occidentale pour rester en place.

        Même si la Russie est forte aujourd’hui, elle a tout de même besoin de l’Europe. Monsieur Poutine le sait bien et travaille dans ce sens. Quant aux français, les prochaines élections de 2017 seront le dernier test. Si rien ne change, et bien oui, je dirais que vous avez raison, que nous ne sommes que des gros cons et que nous méritons bien notre sort. Mais n’oublions pas tout de même que les ennemis de la France travaillent sans relâche en donnant le droit de vote à des gens qui n’aiment en rien notre pays et qu’il devient de plus en plus difficile aujourd’hui de nous faire entendre.

        On dit que l’espoir fait vivre, non ? Pardonnez moi donc d’espérer encore un peu.

        Bien à vous

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        • Rien ne changera en 2017, un UMPS sera élu, simplement car la population francaise est très majoritairement jemenfoutiste et a peur de changer quoi que ce soit: Ils râlent… mais payent leurs impôts qui permettent la situation actuelle… et votent pour les mêmes voyous depuis plusieurs décennies. Ce sera la même chose dans 6 mois à l’élections présidentielle. Les ennemis de la France dont vous parlez sont élus par les français eux-memes.

          D’ailleurs je lis ici ou là des messages des sympathisants du FN qui disent « On a des chances en 2022 »! La niaiserie à ce point, c’est admirable!

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        • Je confirme que nous n’avons pas tous accepté le mariage pour tous. Il y a eu de grosses manifestations. Mais le gvt ne l’a pas entendu. Il faut donc faire attention à ne pas mettre tout le monde dans le méme panier.
          Bien à vous

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      • Vous omettez de prendre en compte le système électoral en France où les dés sont pipés !

        Prenez Hollande, de mémoire il n’ a été  » élu » que par 42% des électeurs inscrits; les élections législatives suivantes ont donné une majorité écrasante au PS, sans que le FN soit représenté.

        Monsieur « Editeur » que faites vous des abstentionnistes ?

        Ces « élus » ne sont que ceux d’un système mis en place à leur avantage, ne parlons pas de démocrates, parlons plutôt de canailles !

        C’est Sarkozy qui a initié la réintégration de la France dans l’Otan sous commandement américain, réintégration finalisée par Hollande cette année, sans que jamais les français aient eu leur mot à dire.

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        • C’est *votre* système, que *vous* acceptez depuis des années. Facile de dire qu’il est « pipé » (ce qui est vrai sans doute) mais si le FN était elu vous parleriez autrement 🙂 En fait il est « pipé » quand les résultats ne vous arrangent pas…
          Et « les français » approuvent de fait les mesures que *leur* président *élu* prend.
          Ceci dit, la conclusion est que vous devez changer le système. Mais pour cela, vu que la majorité des français ne le veut pas… Il vous reste la voie de la rue, où une minorité ayant en tête l’intérêt supérieur du pays ferait le nécessaire sans se soucier de la majorité. Ca s’appelle un coup d’état, mais hélas vous en êtes loin, bien loin! Et quand je vois que vous vous apprêtez à élire un Juppé, Bayrou, Sarkozy, Hollande ou autre voyou, je me pose des questions sur votre état mental. Des citoyens normaux auraient fait le nécessaire pour éliminer ces ordures une bonne fois pour toutes. Vous avez, j’en suis sur, au moins UN français qui ferait le même boulot que Vladimir Poutine a fait et fait chez nous! Trouvez-le et portez-le au pouvoir par les armes s’il le faut!

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        • Oui. Il est vrai que je ne comprends pas comment des lois, en France, sont adoptés par 12 députés. Ou alors mise au vote à 2heures, 3heures du matin.
          Pourquoi les gvt français n’adoptent pas des lois majeurs par voie de refendum. Comment se fait t’il qu’un président présidé par 42% de français qui se sont exprimés. Donc élu à 51% des 42%….je ne sais pas comment expliquer cela

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    • Dans une guerre OTAN/Russie, je ne serais pas là pour la voir. Ni vous, ni moi, ni bon nombre d’Européens. Je crois que se sera la fin du monde. Il ne faut pas la souhaiter.
      Qu’en pensez-vous ?

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  3. Superbe intervention de Mikhaïl Alexandrov. Il explique avec pragmatisme ce qui pourrait advenir si l’occident rétrograde s’aventurait dans une guerre contre la Russie. Les arguments sont forts et ne supportent aucune contradiction. La civilisation orthodoxe vaincra nécessairement parce qu’elle n’est pas gangrenée par la lâcheté occidentale. Merci pour ce grand moment de lucidité.

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    • Je partage votre enthousiasme. Un sel hic. Je souhaite de tout coeur que ce ne soit pas une prophétie. Sinon ce serais là fin du monde

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