Le conflit en Ukraine occupe tous les esprits depuis maintenant trois ans. Loin de jouer le rôle de médiateur qu’elle aurait dû avoir la France – qui a trahit sa parole lors des accords de Minsk – du fait de l’attitude d’Emmanuel Macron, attise les braises d’une 3ème guerre mondiale que les Français refusent. Une attitude dangereuse à laquelle la Russie a répondu jusqu’à présent par une patience quasi admirable. Cette patience durera-t-elle ? Un processus de paix pourra-t-il être engagé entre les belligérants ? Emmanuel Macron retrouvera-t-il ses esprits à temps ? Autant de questions brûlantes aujourd’hui sans réponses. Pour tenter d’en savoir plus, nous avons rencontré Vadim Sizonenko, premier conseiller et porte-parole de l’ambassade de la Fédération de Russie à Paris. [Valérie Béranger]
Quelles sont désormais les difficultés du travail rencontrées par votre ambassade du fait de la position franchement hostile de la France et des déclarations quasiment « de guerre » d’Emmanuel Macron ?
Aujourd’hui, l’absence de dialogue politique et diplomatique au niveau officiel a dressé un problème majeur dans les relations russo-françaises. Cet état de chose est une conséquence de la politique hostile des autorités françaises actuelles qui cherchent à présenter notre pays comme une « menace ».
Par ailleurs, des contacts entre l’Ambassade de Russie en France et le Ministère français des Affaires étrangères sont maintenus, mais leur intensité et leur efficacité ont considérablement diminué. Néanmoins, ce canal de dialogue existe et nous l’utilisons constamment pour informer les instances françaises des approches russes sur des questions de principe pour nous, y compris le conflit ukrainien. Mais également pour résoudre des situations qui nécessitent l’intervention des autorités françaises, par exemple celles liées à la protection des droits et des intérêts de nos concitoyens.
Les effectifs de l’Ambassade ont été extrêmement réduits depuis l’expulsion de mes collègues au printemps 2022. La délivrance des visas pour les diplomates et les employés administratifs russes, qui devraient arriver en France afin de remplacer le personel, est toujours bloquée par la partie française, sauf des cas particuliers ce qui complique la situation. Certains collègues attendent ces visas français depuis près de deux ans.
Bien évidemment, nous ne sommes pas satisfaits de cette situation et nous ne cessons de soulever cette question auprès des autorités françaises et de proposer des solutions qui, jusqu’à présent, se sont heurtées à une attitude anti-russe sévère de la part de l’administration française.
Malgré cela, nous restons convaincus que cette attitude hostile est temporaire et que, tôt ou tard, le peuple français et les esprits sensés en France finiront par comprendre qu’il est inévitable d’abandonner cette attitude antirusse insensée et de s’engager sur la voie du rétablissement du respect mutuel et de la coopération.
Le chef de la diplomatie européenne Maria Kallas a déclaré dans une tribune que les pays de l’UE restent dans l’OTAN par peur de la Russie.
En quoi la Russie peut-elle effrayer l’Europe ?
Nous avons répété à de multiples occasions que la Russie ne menace personne, ni l’Europe, ni la France.
A cet égard, il est nécessaire de rappeler qu’il y eut des périodes de notre histoire commune où la France a commis des agressions contre notre pays, avec un résultat connu de tous. En même temps, pendant les deux guerres mondiales du 20ème siècle, Russes et Français étaient frères d’armes, la coopération entre nos pays était toujours un facteur de stabilité en Europe.
Les accusations selon lesquelles la Russie renforce ses forces armées dans le but d’attaquer quelqu’un, sont particulièrement absurdes. Le programme russe de renforcement militaire est une réponse aux politiques agressives des pays de l’OTAN, qui ont explicitement qualifié la Russie de menace existentielle. Les États occidentaux ne se contentent pas d’augmenter leurs dépenses en matière de défense, ils vont également faire accroître leurs budgets militaires pour atteindre 5 % du PIB.
Malgré cette situation, qui s’aggrave toujours, la Russie est toujours favorable à la mise en place d’une coopération honnête fondée sur le respect des intérêts nationaux de chacun.
Maria Kallas a ajouté : « Je veux dire, la Russie a peur de l’OTAN. La Russie a peur que la démocratie finisse par s’installer également en Russie ». Doit-on considérer que la Russie n’est pas un pays démocratique ?
Pour démanteler cette affirmation fausse je tiens tout d’abord, à souligner que le Président de la Russie est élu au scrutin direct, universel et secret.
En 2024, Vladimir Poutine a remporté l’élection avec 87 % des votes. Selon des sondages récents, ses approches politiques sont approuvées par 78 à 80 % des personnes interrogées. De nombreux dirigeants européens ne peuvent que rêver d’un tel soutien populaire.
De même, au niveau du pouvoir législatif, dans la chambre basse du parlement russe – appelée la Douma d’État – sont représentés quatre groupes de partis politiques différents. Outre le parti au pouvoir, Russie unie, il y a trois partis d’opposition.
Quant aux médias, on peut dire que toute la palette des opinions politiques constructives est représentée en Russie. Vous savez, la veille, je regardais une source de la région de Sverdlovsk. Cette source se positionne d’ailleurs comme une source d’opposition. D’après ses données, il y a environ 20 médias d’opposition dans la région de Sverdlovsk. 20 médias dans une seule région ! Croyez-vous qu’un pays non démocratique pourrait en avoir autant ?
En outre, la Constitution et les lois russes garantissent l’égalité, les droits et libertés fondamentaux à tous les citoyens, y compris conformément à nos valeurs spirituelles.
Toutes les accusations portées contre la Russie, selon lesquelles elle ne serait pas un État démocratique, sont de la rhétorique vide, un ensemble de clichés idéologiques, sans aucune réalité.
Si nous parlons de missiles, d’extension agressive de l’OTAN, des plans de démantèlement de l’État russe et cela depuis les années 90 par ta « communauté internationale »… N’est-ce pas plutôt l’Occident qui a tenté par tous les moyens d’agresser la Russie et de la mener là où nous en sommes ?
Depuis la fin des années 1980 et la fin de l’Union soviétique, les relations de la Russie avec l’Occident sont passées par de nombreuses étapes. La Russie a connu l’euphorie liée au rapprochement avec l’Occident. Il nous semblait alors normal d’envisager que la Russie et l’Occident deviennent un seul et même concert de nations. Cependant, l’Occident a opté pour une tromperie de facto. Sa promesse de ne pas admettre les anciens pays du bloc socialiste au sein de l’OTAN a été delibérément rompue. L’expansion débridée de l’OTAN vers l’Est a amené à la présence de troupes à la frontière avec la Russie, à 100-200 kilomètres de Novgorod et de Saint-Pétersbourg. Cette expansion effectuée par l’Occident a sapé la confiance de la Russie.
Les dirigeants russes ont tenté à plusieurs reprises de discuter des principes de l’architecture paneuropéenne de sécurité avec leurs soi-disant partenaires occidentaux, en insistant sur le principe de la sécurité indivisible. Cela signifie que l’on ne peut pas construire sa propre sécurité, dans notre cas la sécurité des pays de l’OTAN, au détriment de la sécurité de la Russie.
Le célèbre discours de Munich prononcé par Vladimir Poutine en 2007, voici 18 ans, est un parfait exemple des initiatives russes de discuter de ce problème.
Fin 2021, c’est-à-dire avant le début de l’Opération militaire spéciale, la Russie a de nouveau envoyé à l’Occident ses propositions pour une architecture de sécurité paneuropéenne, y compris la prise en compte des intérêts de la Russie.
Ces propositions ont toutefois été rejetées avec dédain par l’Occident. C’est ainsi que le rejet des intérêts russes et l’hostilité ouverte de la part de l’Occident envers la Russie se sont transformés en une confrontation militaire en Ukraine.
Il est évident que le conflit ukrainien n’est pas un conflit entre l’Ukraine et la Russie. Il fait partie d’une confrontation globale où l’Occident collectif mène une guerre par procuration, par les mains de nos frères ukrainiens, contre la Russie.
La fin de cette guerre doit conduire à une paix durable, en tenant compte des garanties de sécurité pour la Russie et l’ensemble de l’Europe.
Que pensez-vous de l’allégation faite par Emmanuel Macron dans son discours lors de sa visite à Washington, dixit : « Vladimir Poutine n’a jamais respecté les accords de Minsk » ?
Ces déclarations de Macron sont surprenantes. Par ailleurs, elles s’inscrivent dans une réalité totalement inventée, née sans doute dans un univers parallèle.
Tout d’abord, il faut rappeler que les accords de Minsk ont été conclus en 2015 entre le régime de Kiev, représenté par le président ukrainien de l’époque, Petr Porochenko, et les dirigeants des républiques du Donbass qui s’étaient rebellées contre le coup d’État militaire en Ukraine en 2014.
La Russie n’était pas une partie signataire et n’avait aucune obligation en vertu de l’accord de Minsk. La Russie a joué le rôle de garant de cet accord, au même titre que la France et l’Allemagne.
À cet égard, il convient de rappeler que c’est le prédécesseur d’Emmanuel Macron, François Hollande, alors président de la République française, qui a avoué il y a quelque temps qu’il n’avait jamais eut l’intention de mettre en œuvre les accords de Minsk, ni de contraindre les autorités ukrainiennes à les appliquer, et ce afin d’accorder le temps au régime de Kiev de s’armer avec l’aide de l’Occident, pour se préparer à une guerre à grande échelle et à une nouvelle agression. Ensuite, Zelensky, arrivé au pouvoir en 2019, a également déclaré publiquement à plusieurs reprises que l’Ukraine ne respecterait pas les accords de Minsk.
C’est donc l’Ukraine, avec la complicité de la France et l’Allemagne, qui a torpillé les accords de Minsk et a conduit la situation présente et à une escalade du conflit armé.
Dans un concert commun, macronistes, oppositions… Sarah Knafo, Marion Maréchal, Bardella et le Rassemblement National en tête, tout le monde a précisé que notre ennemi c’était la Russie… Comment en tant que russe analysez-vous l’attitude des différents partis politiques et des personnalités publiques françaises vis-à-vis de votre pays ?
Vous savez, les diplomates russes ne donnent jamais d’évaluation publique de la situation politique intérieure. Nous respectons la règle de non-ingérence dans les affaires intérieures du pays où nous sommes en mission.
En même temps, pour répondre à votre question, on peut supposer que cette unité de l’attitude vis-à-vis la Russie est due à un désir de rallier leurs partisans, les membres des partis et des mouvements face à un ennemi commun, dans notre cas un ennemi fictif et imaginaire – en la personne de la Russie.
Il s’agit d’une méthode politique extrêmement négative et catastrophique, bien qu’elle soit connue et qu’elle ait été utilisée à maintes reprises.
Il est dommage que les dirigeants des partis et les personnalités publiques en France n’aient pas trouvé des arguments tangibles, un slogan positif pour mobiliser leur auditoire afin de trouver des solutions pour résoudre les problèmes de la France plutôt que d’inventer une rhétorique guerrière et imaginaire.
Comment vos compatriotes qui vivent en France ressentent-ils les événements actuels ? Est-ce que globalement vous avez l’impression qu’ils soutiennent Vladimir Poutine, qu’ils condamnent le SVO ? Quel est votre sentiment à ce sujet ?
Il existe différentes tendances politiques dans la société russe et des opinions hétéroclites sur cette question. Certainement, parmi les Russes vivant en France, il y a des partisans des politiques de l’État russe, tandis que d’autres les critiques et même des opposants.
Au cours des trois dernières années, nous avons vu en France des manifestations en faveur du Donbass et et aussi des manifestations contre celui-ci.
Je tiens à souligner que j’ai beaucoup de chance. Lors de ma misson diplomatique, je ne rencontre que des compatriotes qui éprouvent une réelle empathie pour leur Patrie historique et qui ne lui veulent pas de mal.
J’aimerais beaucoup ajouter une nuance, un peu plus large que votre question. Sur les réseaux sociaux de l’Ambassade, nos publications reçoivent des commentaires en russe et en français. Ainsi, nous constatons que la grande majorité des commentaires français sont en faveur de la Russie et en désaccord avec la ligne officielle de la France visant à la confrontation avec la Russie.
Croyez-vous que le fait que la Russie possède une dissuasion nucléaire puissante ait un impact direct sur les soutiens dont peut bénéficier Kiev ?
La Russie ne menace personne avec des armes nucléaires et toute affirmation contraire relève de la spéculation anti-russe. Nos armes nucléaires n’ont que les objectifs purement défensifs. Mais il est vrai que l’on peut supposer que la puissance nucléaire de notre pays fasse malgré tout réfléchir ceux qui souhaitent s’y attaquer. Personne n’a envie d’une guerre nucléaire. Aucun homme censé ne voudrait être le responsable d’une telle horreur et c’est sans doute ce qui a évité le pire à la Russie.
En décembre dernier, la Russie a modifié sa doctrine nucléaire ayant complété la liste de menaces militaires pour notre pays de quelques risques dont la neutralisation demandera l’utilisation de la dissuasion nucléaire. La décision des pays occidentaux de fournir à Kiev des missiles à longue portée et l’autorisation de frapper en profondeur le territoire russe est devenue le point de départ de la modification de notre doctrine nucléaire.
Ces décisions ont été prises en réponse à l’escalade du conflit en Ukraine par l’Occident.
Toutefois, je tiens à souligner que tous les amendements de la Doctrine sont calibrés et proportionnés aux risques actuels contre la Russie.
Et nos armes nucléaires ne sont pas du langage des menaces, mais issuent d’une logique classique de dissuasion.
Pensez-vous que 2025 va apporter des bouleversements majeurs dans le conflit sur le plan diplomatique. Et auquel cas lesquels ?
Après des années de relations nulles et complètement conflictuelles entre la Russie et les États-Unis, le dialogue a repris entre nos puissances, qui ont la responsabilité première du maintien de la paix et de la stabilité dans le monde.
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a qualifié cette évolution de retour à la normale.
En prenant en compte ces nuances, il ne faut pas tant s’attendre à des percées et à des bouleversements. Il faut plutôt comprendre qu’un travail minutieux est en cours.
L’agenda bilatéral englobe un très grand nombre de questions au niveau international qui demandent des solutions. Le dossier ukrainien est l’une d’entre elles.
Il est évident que les intérêts de la Russie et des États-Unis peuvent ne pas coïncider sur un certain nombre de questions et qu’une telle divergence subsistera. Cependant, il est nécessaire de trouver des points communs, des solutions équilibrées qui conviennent aux deux parties. La quête de ces solutions prendra beaucoup de temps.
Dans ce contexte de changements en cours il est regrettable que les pays européens n’aient pas encore pris conscience de la nécessité d’abandonner au plus vite la politique de confrontation qui entrave l’instauration d’un ordre mondial plus juste.
Le 27 mars dernier Emmanuel Macron a lancé la « COALITION DES VOLONTAIRES » pour contrer le plan de paix Trump-Poutine et poursuivre la guerre contre la Russie avec le slogan « battre la Russie poutinienne est essentiel pour les valeurs de l’Europe » !!! Il a également annoncé le transfert potentiel de 12 000 hommes issus des armées françaises et anglaises. Comment analysez-vous ces déclarations ?
Des militaires de l’OTAN, sous la forme d’instructeurs et de conseillers, sont présents en Ukraine depuis 2015. Ils participent non seulement à la formation et à l’entraînement des forces armées ukrainiennes, mais aussi à la planification d’opérations militaires et à leur mise en œuvre.
Le déploiement en Ukraine des soi-disant troupes de « maintien de la paix », dont on parle maintenant sur proposition de Londres et de Paris (y compris dans le cadre du sommet de la coalition des volontaires qui s’est tenu le 27 mars dernier), est la légalisation de la présence de l’OTAN en Ukraine, la légalisation des mêmes militaires qui sont déjà impliqués dans la guerre contre la Russie.
Il s’agit d’une implication directe de l’OTAN. L’idée même de déployer des contingents militaires sous quelque drapeau que ce soit – ONU, OSCE, UE ou « coalition de pays » – est catégoriquement inacceptable pour nous. Cette initiative elle-même est immorale, car elle est promue par les pays qui mènent essentiellement une guerre par procuration contre la Russie, en injectant des armes dans le régime de Kiev.
En outre, le déploiement d’une telle pseudo force de maintien de la paix en Ukraine signifiera l’implication directe de ces pays dans un conflit direct avec la Russie, qui, sans aucun doute, réagira par tous les moyens.
Pensez-vous qu’Emmanuel Macron pense réellement ce qu’il dit quand il déclare sur EuroNews : « Nous finaliserons nos travaux de soutien à court terme de l’armée ukrainienne, de défense d’un modèle d’armée ukrainienne durable pour prévenir les invasions russes et des garanties de sécurité que peuvent apporter les armées européennes », ou est-ce du « délire » ?
Ces déclarations de Macron sont belliqueuses. Elles ne jouent pas en faveur de la paix, mais en faveur de la poursuite de la guerre fratricide et surnommée « jusqu’au dernier Ukrainien ». Ces propos traduisent l’intention de la France, comme de tous les pays occidentaux, de préserver le régime néo-nazi de Kiev, de réarmer son armée et de continuer à utiliser l’Ukraine comme une tête de pont agressif pour detruire la Russie.
En même temps, le président français, tout en parlant de garanties pour l’Ukraine, n’a pas dit un mot sur le fait qu’un règlement pacifique de ce conflit est impossible sans la prise en considération des intérêts de sécurité légitimes de la Russie et de l’ensemble de l’Europe. En tenant compte du principe d’indivisibilité de la sécurité de tous les pays du continent.
Et de manière générale, la meilleure garantie de sécurité pour l’Ukraine est de redevenir un État pacifique, non agressif, respectant les droits de tous ses concitoyens, y compris les Russes et les russophones. Il faut que l’Ukraine se souvienne également des principes de bon voisinage avec la Russie ainsi que d’unité historique et culturelle avec les Russes.
Vladimir Poutine avait mis comme condition à un éventuel cessez-le-feu que l’Occident cesse d’envoyer des armes à l’Ukraine. Néanmoins, lors d’une visite sur le site industriel de KNDS France à Bourges qui fabrique les canons Caesar, François Bayrou a annoncé l’envoi de 113 canons Caesar de plus. Sans compter les quelques centaines de missiles déjà prévus. Qu’est-ce qui, selon vous, pousse la France à vouloir armer l’Ukraine à tout prix ?
La ligne politique de la France relative au conflit ukrainien témoigne que les autorités françaises ne sont pas intéressées à l’instauration de la paix. Parlant d’une prétendue volonté de mettre fin aux hostilités, les Occidentaux veulent en réalité « geler » le conflit afin de donner à Kiev le temps de préparer sa revanche. Paris part du principe que la paix n’est possible qu’aux conditions de Zelensky.
La France rêve toujours d’infliger une défaite stratégique à la Russie par le biais des Ukrainiens. Elle tente de créer des positions de négociation soi-disant fortes pour le régime de Kiev en continuant à lui fournir diverses armes. Dans le cadre de cette politique néfaste, la France a déjà pris un certain nombre de mesures provocatrices et dangereuses. Lors du soi-disant sommet de la coalition des volontaires, qui s’est tenu à Paris le 27 mars, la France a une fois de plus annoncé la livraison d’armes létales – missiles à longue portée, chars et bien d’autres choses encore – au régime de Kiev. La livraison d’avions de chasse français Mirage-2000 s’inscrit dans la même ligne de tentatives d’exercer une pression militaire sur la Russie.
Sans aucun doute, les Mirages ne changeront pas la situation sur le champ de bataille, mais la France s’enfonce de plus en plus dans le conflit, en tant que participant direct à la guerre, dans son désir de faire de la publicité pour la guerre. C’est une attitude totalement irresponsable, surtout si l’on tient compte du statut nucléaire de la France. Il est évident que de telles approches agressives et militaristes bloquent la réalisation d’une autre tâche que Paris s’est fixée dans le contexte de la crise ukrainienne : de devenir un participant au processus de négociation d’un règlement.
Le gouvernement russe a assuré que l’ordre du président Vladimir Poutine, de ne pas frapper des cibles énergétiques en Ukraine était toujours en vigueur. Or, il semble que malgré l’accord entre Donald Trump et Vladimir Poutine, validé par Kiev sous la pression américaine, pour une trêve limitée aux frappes sur les infrastructures énergétiques des deux camps, les bombardements ukrainiens visant ces sites se sont visiblement poursuivis ces derniers jours. Qu’en est-il réellement ?
Un moratoire temporaire sur la suspension des frappes sur les sites énergétiques a été instauré à la suite d’un accord entre le Président russe et son homologue américain lors de la conversation téléphonique du 18 mars dernier.
Ce moratoire est en vigueur pour trente jours, à partir du 18 mars. Le même jour, Vladimir Poutine a donné l’ordre de ne pas frapper le système énergétique ukrainien et ce moratoire est strictement appliqué par l’armée russe.
Cependant, les tentatives de l’Ukraine de frapper les installations énergétiques russes se poursuivent pendant ce moratoire, malgré la déclaration publique de Zelensky (déjà après que les détails aient été consignés lors de la réunion américano-russe en Arabie saoudite le 24 mars).
Ainsi, pour la seule journée du 26 mars, 3 tentatives d’attaques contre des installations énergétiques russes ont été enregistrées, notamment en Crimée et dans les régions de Briansk et Koursk.
Ces faits témoignent de l’absence totale d’engagement de la part du régime de Kiev, qui n’a aucune intention de respecter les termes du cessez-le-feu, même les plus simples.
Pour autant que je sache, la partie russe respecte pleinement les termes de ce moratoire sur l’énergie.
Les organismes compétents russes, qui ont enregistré toutes ces violations, ont demandé aux Américains de faire pression sur leurs subordonnés ukrainiens pour les obliger à respecter le moratoire. Nous verrons dans quelle mesure cela est possible.
Propos recueillis par Valérie Béranger
Paris, avril 2025
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