
Lors du procès de Nuremberg, la journaliste Hannah Arendt écrivait à l’époque sur la banalité du mal : « La triste vérité, c’est que la plupart du mal est fait par des gens qui ne se décident jamais à être bons ou mauvais ». En 1963, suite au procès d’Adolph Eichmann, que couvre cette dernière pour The New Yorker, elle publie un livre dont le sous-titre fera scandale… : « Rapport sur la banalité du mal ». Face à ses accusateurs qui s’attendaient à voir dans le box des accusés pour le moins un monstre, tant physiquement que moralement ; Adolph Eichmann était apparu comme un petit homme falot, assez terne, sans personnalité ni charisme. Un sombre petit fonctionnaire maigrichon qui se contentait simplement d’obéir aux ordres sans se poser de questions ni sur ses mensonges ni sur le fait qu’il envoyait à la mort des milliers d’hommes et de femmes innocents. Il est triste de constater désormais que ce dernier semble avoir trouvé un digne descendant et successeur en la personne d’Emmanuel Macron…
Emmanuel Macron qui annonçait voici quelques jours sur BFMTV : « la guerre en Ukraine est un échec militaire, économique et stratégique pour la Russie ». Un mensonge éhonté mais visiblement parfaitement assumé. Le président français ne peut pas ignorer ce que les services de renseignements français savent pertinemment et pour cause !
Sш l’on en croit les données de l’Institut pour l’étude de la guerre, lors de la quatrième année du conflit, la Russie a progressé en 2024 plus qu’au cours des deux années précédentes réunies : 4 524 km² gagnés, Pokrovsk capturée et 20 % du territoire ukrainien sous contrôle russe.
L’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) réalise des analyses en temps réel sur des conflits que l’on peut considérer comme fiables. L’organisme travaille en collaboration avec le Critical Treats Project qui est une émanation de l’Américan Enterprise Institut, autre centre de réflexion américain spécialisé dans l’étude des antagonismes. Leur travail consiste – entre autres – à informer les dirigeants mondiaux, les décideurs politiques, les organisations humanitaires, mais aussi les journalistes, les responsables militaires et le public de l’état d’une guerre. Alors certes, lorsque vous vous rendez sur leur site il est évident, vu le vocabulaire utilisé, que l’ISW n’est pas pro russe, et c’est là tout l’intérêt. Si un institut résolument pro-ukrainien – tout au moins en apparence – vous dit que la Russie progresse… c’est que – fait indubitable – elle progresse !
Donc quand Emmanuel Macron nous dit que la Russie est en échec, il ment et il le sait ! Parce que dans le cas contraire il faudrait nous expliquer à quoi servent les services secrets français et européens ? En quoi est-il également utile d’avoir des satellites espions dirigés sur la Russie, et un centre de renseignement ultra confidentiel destiné à appuyer les forces ukrainiennes sur la base aérienne de Bricy, dans le Loiret ?
Personne en Europe n’acceptera de le dire clairement, ni les médias, ni les politiques, parce que la vérité, cette vérité là tout au moins, dérange. Néanmoins, il est difficile de croire qu’un pays qui progresse plus vite militairement sur le terrain, qui conquière plus de kilomètres carrés en 12 mois qu’en deux ans cumulés, et dont la principale « prise » est la ville de Pokrovsk, qui est un important nœud logistique de l’Est du pays, puisse être en échec stratégique et militaire. Il est vrai que nous sommes entrés dans la 5ème dimension de 1984… que le rêve suprême de l’UE, Emmanuel Macron en tête, c’est Orwell ; mais la réalité, la vraie, l’indiscutable, c’est pourtant celle-là ! Il serait temps que les dirigeants européens arrêtent de mentir à leur peuple. Qu’ils se souviennent que leur pays respectif ne leur appartient pas, mais qu’ils ne sont que les nervis du seul véritable dirigeant, à savoir… le peuple.
Certains diront que comparer Macron et Eichmann est quelque peu osé. Certes ! Mais n’oublions pas qu’Eichmann fut celui qui organisa les convois ferroviaires vers les camps de la mort, tandis qu’Emmanuel Macron se contente il est vrai d’organiser des convois de missiles vers l’Ukraine, prolongeant ainsi l’agonie des Ukrainiens d’autant ; tout en provoquant les milliers de cadavres qui jonchent désormais les plaines du Donbass. Triste bilan pour un homme qui, s’il se prend pour Jupiter, vaut encore moins que Judas.
« Le point est de bien jouer son rôle et de savoir à propos feindre et dissimuler », écrit Machiavel dans son guide du gouvernement « Le Prince » au XVIe siècle. Cinq siècles plus tard, son conseil qui n’a pas pris une ride se voit appliqué à la lettre par Emmanuel Macron.
Mais tout ceci ne serait rien si les officiers supérieurs français, petit doigt sur la couture du pantalon comme il se doit et la lâcheté en guise de médailles, ne se mettaient au diapason. Ainsi, le général de brigade Armel Dirou, chef de la Task Force Ukraine – une cellule de coordination ministérielle – nous a fait récemment un compte rendu édifiant sur le soutien indéfectible de la France à la nation ukrainienne, quatre ans après le début de la guerre menée par la Russie.
Devant un parterre minimaliste de journalistes, moutonniers pour les uns, éberlués par tant d’aplomb pour les autres, la responsable du service d’informations de l’armée n’a pas hésité à déclarer en préambule, reprenant ainsi les aberrations du chef des armées :
« Cette guerre est un triple échec pour la Russie. C’est d’abord un échec militaire, un échec économique, et également un échec stratégique ! La Russie voulait empêcher l’expansion de l’Otan… la Finlande et la Suède l’ont rejointe. La Russie voulait affaiblir l’Europe, réveillée au bruit des bombes russes… L’Europe agit au quotidien pour assurer sa propre défense. Nous entrons dans la 5ème année de la guerre et l’Ukraine fait preuve d’une formidable résilience. Depuis le premier jour la France se tient aux côtés de l’Ukraine. Ce soutien multidimensionnel est indéfectible parce que l’Ukraine est la première ligne de défense de notre continent face à la Russie. La France continuera à soutenir l’Ukraine pour l’aider à se défendre et ce tant que cela sera nécessaire… »
Rappelons quelques vérités face à ce discours lunaire…
Il était entendu que la chute du mur de Berlin n’entrainerait en aucun cas une expansion de l’Otan vers l’Est ! Promesse faite par Baker à Gorbatchev le 9 février 1990 : « l’OTAN ne s’étendra pas d’un inch à l’Est sur le territoire de l’Allemagne ». Promesse non tenue ! A titre d’exemples par ailleurs, Jean-Luc Mélenchon lui-même affirmait en son temps sur France 24 : « Il faut bien que nous nous rendions compte que nous avons manqué de parole aux Russes. On leur avait dit : ‘Si vous laissez tomber le mur, nous on n’ira pas mettre l’OTAN à votre porte. Ils ont laissé tomber le mur, et qu’est-ce qu’on a fait : on a mis l’OTAN à leur porte ». Même refrain pour le candidat d’extrême-droite Eric Zemmour le 24 janvier 2022 : « Lorsque le mur de Berlin est tombé, entre Gorbatchev qui était le lointain prédécesseur de Vladimir Poutine et Bush, le père, il y a eu un accord, un accord tacite, et les Américains s’étaient engagés à ne pas avancer comme ça et ne pas faire rentrer dans l’OTAN tous les pays de l’ancienne zone soviétique, évidemment les Américains n’ont pas respecté leur parole et ont avancé (…) donc Vladimir Poutine essaye d’avoir un glacis protecteur ».
On ne peut pas qualifier Jean-Luc Mélenchon, représentant de LFI, d’être pro-russe ! Eric Zemour serait-il pro-russe ? Non, juste un homme honnête qui a de la mémoire.
L’Europe n’a pas pu se réveiller au bruit des bombes russes puisque l’Ukraine ne fait pas partie de l’Europe et que 90 % des européens ne savaient même pas où se trouvait ce pays avant que l’on ne les oblige à croire que la Russie voulait les attaquer! « L’Europe agit au quotidien pour assurer sa propre défense ». Vladimir Poutine l’a dit et répété à de multiples reprises : « La Russie n’a aucune velléité d’envahir l’Europe ou la France ».
La Russie ne nous menace pas et ne nous a jamais menacé ! Arrêtons de divaguer.
« L’Ukraine fait preuve d’une formidable résilience… » Oui, nonobstant les quelques 1 700 000 morts (chiffre issu des services américains) que l’on aurait pu éviter si l’UE, et Macron en tête, n’avaient pas entretenu la guerre avec leur complice Zelenski pour « s’en mettre plein les poches ». Et pour ceux qui s’imaginent que ce sont les russes qui comptent leurs morts par camions, rappelons que lors du dernier échange de combattants décédés, les Ukrainiens ont reçu 1000 cadavres et les russes… 38 ! Faites le ratio.
Quant au général de brigade Armel Dirou, chef de la Task Force Ukraine, il n’est pas en reste… « Depuis 4 ans que la Fédération de Russie a lancé son invasion contre l’Ukraine, ne parvenant pas à remplir ses objectifs en raison de la résistance remarquable que lui oppose le peuple ukrainien… » En guise d’aparté rappelons les milliers de mercenaires étrangers (colombiens, vénézuéliens, anglais, américains, canadiens, français, etc.) qui sont venus mourir pour l’Ukraine et sans qui cette guerre se serait rapidement terminée faute de combattants ! Ayons également une pensée pour ces malheureux, raflés de force dans les rues et même chez eux et envoyés contre leur gré sur le front pour y mourir. Il circule sur les réseaux sociaux des centaines de vidéo très explicites qui prouvent que la « résilience » du peuple ukrainien se fait bien contre son gré.
« De ces 4 années de guerre (…) ressort l’idée forte que la stabilité du continent se joue aujourd’hui en Ukraine et dans la capacité de l’Europe à rebâtir une architecture de sécurité… ». Eh bien mon général, auriez-vous oublié que la Russie fut et demeure notre plus grande alliée et que sans le courage du peuple russe face à la Wehrmacht, aujourd’hui nous parlerions tous – vous y compris – allemand ?
« De toute évidence l’Ukraine est aujourd’hui un pivot fort de cette architecture de sécurité ». Le pays le plus corrompu d’Europe ! Qui peut croire cela ?
« La France est le deuxième contributeur pour la facilité européenne de paix ». Parce que fournir des missiles pour tuer des civils ça contribue à la paix ?
La Russie se bat actuellement contre les 32 pays de l’Otan et 25 autres. Sans cela, cette guerre aurait duré trois ou six mois tout au plus, et les cimetières – visibles de la lune paraît-il tant ils sont considérables – ne couvriraient pas l’ensemble du territoire ukrainien.
« La France œuvre sans relâche pour que les discussions à la table des négociations soient tenues avec les Ukrainiens (…) mais elle insiste également pour que les pays européens soient présents afin d’obtenir des accords de paix pérennes qui permettent au continent d’envisager un avenir stable. »
Une table des négociations d’où la Russie est exclue bien évidemment. Dans la mesure où l’UE et la France ont tout intérêt à ce que ce conflit perdure encore des années, et au moins jusqu’en 2027, le cinéma des « discussions » devrait durer encore longtemps. Quant aux mensonges d’Etat et leurs relais au sein de l’Etat major et des conseillers militaires nous savons désormais à quoi nous en tenir.
Si les français ne se réveillent pas, ce sont leurs enfants qui bientôt partiront « au son du clairon ». Exactement comme en 1956 où deux millions de Français ont traversé la Méditerranée pour une opération de maintien de l’ordre transformée en Guerre d’Algérie avec l’envoi massif des appelés du contingent. Des gosses de 20 ans dont la grande majorité ne savait même pas se servir d’un fusil. Ces appelés ont été maintenus sous les drapeaux au-delà de la durée légale de leur service, étendu à vingt-sept mois après le vote par l’Assemblée nationale des « pouvoirs spéciaux », le 12 mars 1956, proposés par le président du Conseil Guy Mollet.
Ca ne vous rappelle rien ? Vraiment ? Ce nouveau service militaire que l’on vous présente comme « volontaire », une « opportunité », qui oblige notamment les jeunes à un devoir de réserve de cinq ans et qui deviendrait « obligatoire » sur vote du parlement en cas de crise majeure. Dans la mesure où les parlementaires sont d’ores et déjà vendus à la macronie, croyez-vous vraiment qu’ils épargneront vos enfants ? N’oubliez pas que pour Emmanuel Macron, le mensonge et la servilité sont érigés en étendard et que, tels de modernes Ulysse, si vous n’y prenez garde vous risquez fort de succomber au chant des sirènes.
La vérité est là : Macron, Von Der Leyen, l’Ukraine, sont en train de perdre. Toute cette gabegie se fait sur le sang des russes et des ukrainiens par la faute de petits chefs qui sautillent sur leurs ergots pour tenter de sauver la face. Mais la réalité est que ce conflit est d’ores et déjà perdu pour eux. C’est un tonneau des danaïdes, un gouffre sans fond qu’il est plus que temps de stopper avant de devoir en faire physiquement les frais.
Valérie Bérenger
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